Arrêtons le soutien aux dictateurs ! Soutenons les peuples africains !

NEOCOLONIALISME - Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs - Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d’État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle. Ceux-là, ainsi que d’autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s’assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale. La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main d’œuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs familles. Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendu complice des assassinats des leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached …, Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent. Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises. A cette politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélère le réchauffement climatique et contraint les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite, et les expulse sous couvert d’accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Bechir Ben Yahmed, le patron de "Jeune Afrique" est-il crétin ou salopard ?

MEDIAS - J'ai, longtemps, refusé de "cartonner" sur le patron de l'hebdomadaire Jeune Afrique parce que je lui devais, d'abord, un recrutement en 1984 puis, en 2000, un nouveau recrutement après que j'ai décidé d'arrêter mon entreprise de "Publication assistée par ordinateur" (PAO) : à cette époque, d'une part les matériels de PAO avaient perdu plus de 80% de leur valeur quand
je m'étais lancé dans cette aventure ; d'autre part des centaines de linotypistes avaient été débauchés quand
l'informatique remplaça la composition au plomb. Et tous ces évincés de l'imprimerie se mirent à "l'infographie", pour la plupart au noir, alors que mon entreprise était au sommet : en moins d'un an, mes prix fondirent au Soleil du travail au noir. Je pus résister trois ans avant de devoir rendre les armes, en tous biens tous honneurs : ma comptabilité permit de presque tout payer et je ne fus inquiété en aucune manière sur mes biens propres (j'avais réagi à temps et thésaurisé suffisamment pour ne léser presque personne). Mais aujourd'hui, je ne peux plus accorder à Béchir Ben Yahmed le crédit de m'avoir engagé quand j'étais dans la merde : d'abord parce qu'il me licencia très vite, ensuite parce que son engagement personnel ne mérite aucun pardon. L'homme, un Tunisien "patriarche", reste le "patron" quand bien même il annonça, voici deux ans, son retrait de l'hebdomadaire Jeune Afrique au profit et de son homme à tout faire, François Soudan, et de ses fils, Amir et Marwane. Tout ce qui est imprimé dans Jeune Afrique est lu et approuvé par le patriarche, dont son engagement en faveur des Occidentaux et sa réticence (pour ne pas dire son racisme) envers les Noirs. L'homme vient de pondre (il déteste l'expres
sion mais vu la qualité du papier, il s'agit bel et bien d'une ponte) un éditorial sur la crise européenne. Pour lui, les hiérarques de l'Europe ont raison et, soit les populations européennes acceptent la cure d'austérité, soit elles disparaissent. Ce connard de Bechir Ben Yahmed, il n'y a pas d'autre adjectif valable, pensent que les minables des économies européennes n'ont qu'à accepter leurs licenciements et leurs baisses de salaires plutôt que de mourir ! Ce, tandis que les marchés mondiaux réagissaient défavorablement à une baisse massive de la demande en Europe occidentale. BBY, comme Bechir Ben Yahmed signe ses oukazes à ses journalistes, dit pourtant le plus grand bien de Galbreith, lieutenant de Keynes et partisan on ne peut plus affiché de la demande comme moteur de l'économie...
Mort du général Bigerad : la France enterre un tortionnaire et un assassin

MEMOIRE AFRICAINE - Sur la torture en Algérie : "
Pourquoi n’as-tu pas fermé ta gueule ?" lance-t-il, au téléphone, au général Aussaresses qui vient d’écrire un livre sur la torture en Algérie. Général Bigeard, L’Express, 7 juin 2001. Le général de corps d’armée Marcel Bigeard s’est éteint le 18 avril 2010 à l’âge de 94 ans. La classe politique française lui a rendu hommage. Tous ont souligné sa bravoure au service de la France. Tous ont « oublié » de parler de sa face sombre en Algérie. Ce n’était pas seulement le parachutiste qui a emprunté les casquettes de l’Afrika Corps de Rommel, ce n’était pas aussi les défilés, le clinquant, les médailles, c’est aussi la torture. Pour Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy : « En Algérie, Bigeard a accompli la mission qu’on lui avait confiée. Je pense qu’il l’a fait là aussi avec beaucoup d’intelligence, beaucoup d’humanité. » Nous allons traiter de l’humanité de Bigeard en la comparant avec celle de trois autres généraux témoins privilégiés de la guerre d’Algérie, il s’agit de Massu, d’Aussaresses et de de La Bollardière. Petite biographie du général Bigeard : l’officier le plus décoré de l’armée française avec vingt-six citations, dont vingt-trois à titre individuel et seize à l’ordre de l’armée... En d’autres temps, il aurait fini maréchal d’Empire. Parachutiste des troupes coloniales, il part très rapidement en Indochine. Il poursuivra ses aventures indochinoises lors de trois séjours successifs, avant d’être parachuté sur Diên Biên Phu, dont il sera l’un des derniers défenseurs, jusqu’à la chute, en mai 1954. Il est promu lieutenant-colonel à titre exceptionnel. Prisonnier du Viet-Minh, il sera libéré à l’été 1954. Durant la bataille d’Alger, en 1957, il fait ce qu’il appelle avec un brin de dégoût, son « métier de flic ».(1)
Justement nous allons décrypter ce « métier de flic » en traitant de la torture qui est consubstantielle, il faut le souligner, de l’entreprise coloniale. La torture pendant la Guerre d’Algérie a été pratiquée sur les populations algérienne et française par les forces coloniales dans des proportions qui, selon l’historien Pierre Vidal-Naquet, concerneraient des centaines de milliers d’Algériens. Estimation confirmée depuis, par la thèse de doctorat de l’historienne Raphaëlle Branche. Elle a aussi été employée à une moindre échelle et de manière non systématique sur des harkis et des Européens par le FLN et l’ALN comme le montre l’ouvrage « La guerre d’Algérie » sous la direction des historiens Benjamin Stora et Mohammed Harbi, (...) La torture policière existait déjà largement en Afrique du Nord avant l’insurrection de 1954, comme en témoigne la mise en garde lancée, dès cette date, par l’écrivain François Mauriac. Elle avait été systématiquement utilisée lors de la colonisation du pays, notamment lors de la campagne du général Bugeaud. Mais elle fut consacrée et institutionnalisée comme arme de guerre par l’armée, à laquelle on donne tous les pouvoirs, lors de la « bataille d’Alger », qui fut, en 1957, un « point de non-retour » à cet égard. (2)
Depuis, la conquête coloniale, la torture est un procédé courant des forces de l’ordre en Algérie qui l’utilisent pour terroriser les populations autochtones et obtenir des informations sur les emplacements de silos à grains lors de la conquête coloniale, meurtrir des suspects, et terroriser les indigènes, s’inscrivant avant tout dans une démarche de haine et de déshumanisation. (...) Marc Ferro, dans
Le livre noir du colonialisme, écrit : « Ceux qui travaillent sur les régimes totalitaires n’ont lu Hannah Arendt que d’un seul oeil, semble-t-il. Ils ont omis de s’apercevoir qu’au nazisme et au communisme, elle avait associé l’impérialisme colonial. Entre ces régimes, en effet, il existe une parenté qu’avait bien repérée le poète antillais, Aimé Césaire, au moins en ce qui concerne nazisme et colonialisme. » (2)
L’indépendance de l’Afrique passe par la réappropriation de ses ressources

TRIBUNE - S’il y a bien un dirigeant a su exprimer son sens aigu des rapports de force par des images percutantes, restées dans la mémoire collective, c’est Mao Tsé-toung. Nous empruntons ici, une de ses célèbres citations pour annoncer notre propos : « la politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre une politique avec effusion de sang ». Les guerres enregistrées sur le continent africain sont devenues une politique des pays occidentaux pour profiter des richesses du continent. Cette façon de faire semble officielle tant elle est représentative de la position commune des occidentaux. Nous avons jusqu’ici dans nos productions, essayé de rendre compte de la complexité du « réel africain », pour parler ainsi. Cela n’a jamais été simple car il arrive qu’il faille dépouiller nos absolus les uns après les autres afin de fournir une réflexion féconde. C’est avec cette même rigueur dans l’établissement des faits et l’objectivité de l’analyse, que nous traitons cet autre thème, non moins important, des guerres mercantilistes en Afrique. Un tel sujet, pour le décrypter, mérite qu’on définisse au préalable quelques concepts fondamentaux, comme le mercantilisme et les guerres mercantilistes. En premier lieu, tel sera notre préoccupation. Une fois le lecteur éclairé sur ces mots clés, il s’agira dans un second lieu, de montrer avec quelques illustrations, comment les pays occidentaux fabriquent des guerres pour piller le continent africain, déjà fragilisé depuis le partage de Berlin, en 1885. Une fois les faits établis, l’analyse faite, il restera dans un troisième lieu, de tirer les leçons de ces sales guerres imposées au continent.
La Grande muraille verte : le plus grand projet écologique africain

N'DJAMENA — Onze pays africains, réunis pour un premier sommet sur le sujet, ont rappelé jeudi à N'Djamena leur engagement à développer la Grande muraille verte qui doit, à terme, enrayer l'avancée du désert. La Grande muraille, une large bande de verdure, suivra un tracé de plus de 7.100 km entre Dakar à Djibouti à travers ces onze pays (Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad). "La GMV devrait voir le jour d'ici 3 à 5 ans selon les pays", a affirmé Abakar Mahamat Zougoulou, coordinateur tchadien de l'événement, précisant que certains pays comme le Sénégal était plus avancé que d'autres. "Aucun budget n'a été défini", pendant le sommet de N'Djamena, qui doit déboucher sur la création de l'Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, a-t-il ajouté. "La grande muraille verte est un projet conçu par les Africains pour les Africains et pour les générations futures. C'est une contribution de l'Afrique à la lutte contre le réchauffement climatique", a affirmé le président tchadien Idriss Deby Itno. "Cette initiative, si c'est un sacrifice, il faut le consentir pour les générations futures", a-t-il lancé, rappelant que "le continent africain qui émet le moins de gaz à effets de serre, est l'un de plus vulnérables aux effets néfastes du changement climatique". Il a ainsi demandé à la communauté internationale "d'accompagner les pays de la Grande muraille verte dans cette oeuvre d'importance capitale".
Le Burkina Faso, pilier de la « Françafrique »

Métamorphoses du président Blaise Compaoré. Médiateur dans maints conflits africains, le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, s’est fait une réputation d’homme de paix. Cette image, confortée par sa montée en puissance au sein de la « Françafrique », semble pourtant usurpée. En effet, le chef de l’Etat burkinabé est impliqué dans la plupart des guerres et des crises régionales des vingt dernières années. Des témoignages récents révèlent le trouble passé de celui qui accéda au pouvoir à la faveur de l’assassinat du leader panafricaniste Thomas Sankara. Invité à assister au défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées en 1995, reçu par M. Nicolas Sarkozy en novembre 2008, le président burkinabé Blaise Compaoré est considéré comme un ami fidèle de la France, essentiel à la politique de Paris en Afrique de l’Ouest depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993. Pourtant, estime Mme Louise Arbour, ancien haut-commissaire aux droits de la personne pour les Nations unies, commentant sa désignation comme médiateur dans la crise guinéenne (
1),
« Blaise Compaoré, lui-même ancien soldat putschiste et parrain politique de [l’ex-président libérien]
Charles Taylor [poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité],
n’est pas le mieux placé pour prêcher les vertus de la démocratie et du pouvoir civil (
2)
». Elle trouble ainsi le concert de louanges qui entoure, depuis quelques années, celui à qui la « communauté internationale » confie de plus en plus de missions de « bons offices » en Afrique. Qu’il s’agisse de la crise togolaise consécutive à la mort du dictateur Gnassingbé Eyadéma, qui a été accompagnée d’émeutes, ou celle de la Côte d’Ivoire en proie à la guerre civile (2002-2007) (
3).